L'Histoire de Niderviller

Récit de Gilbert SPRUNG


"Au commencement était le Verbe, la Parole", affirment les chrétiens. 

"Au commencement était l'action", disait l'écrivain allemand Goethe, au 18e siècle.

    Pour les Anciens, au commencement étaient la terre, l'eau, l'air et le feu, qu'ils considéraient comme les principes constitutifs de tous les corps.

     En effet, ces éléments sont présents partout: tantôt ils sont en opposition, comme l'eau et le feu; tantôt ils se ressemblent, comme l'air et l'eau, qui sont tous deux - en principe - inodores, incolores et transparents. Lorsque ces quatre éléments sont rassemblés en un harmonieux équilibre, grâce à la nature conjuguée avec la main et l'esprit de l'homme, alors jaillissent en pleine lumière l'industrie et l'art...

     D'ailleurs, l'homme lui-même n'est-il pas tiré de la terre nourricière ?

     A Niderviller, la terre, l'eau, l'air et le feu sont présents depuis toujours : la terre sous la forme de l'argile... et du grès - l'eau des sources et des ruisseaux qui alimentera les moulins... et le canal - l'air pur qui donnera naissance à "l'aérium", le sanatorium Saint-Camille, au Château des Carrières - et le feu, grâce aux nombreuses forêts, dans une région dont le taux de boisement est nettement supérieur au taux moyen de la Moselle.

     Ces quatre éléments sont à l'origine de toutes les industries du village : la tuilerie, les carrières, et les arts du feu sous la forme de la faïence et de la porcelaine... A Niderviller, tout cela coule de source !

 

Histoire de Niderviller

 

Une occupation ancienne

     "Le sol du finage de Niderviller n'est autre que des terres blanches froides, qui ne produit rien qu'à force d'amendement" déplore le cahier de doléances de notre localité, en 1789. Pourtant l'homme y a toujours été présent. Habitée dès les temps préhistoriques, comme en témoignent les découvertes de "tumuli", de haches de pierre, notre région a été occupée vers 1200 avant J.-C. par le peuple gaulois des Médiomatriques: la présence de vastes forêts, d'eaux abondantes, d'une argile appropriée a déjà pu donner naissance à la fabrication artisanale de céramique.

     En 52 avant J.-C., avec Jules César, les Romains prennent possession de cette zone de passage vers la plaine d'Alsace, par le col de Saverne, ou en prenant la route du sud, par Lutzelbourg et la vallée de la Zorn. Ils construisent la "route romaine", future "route de France", de Metz à Strasbourg, par Marsal, Sarrebourg, Saverne.

     Ils assurent la mise en valeur de nos terres, en bâtissant de nombreuses "villas", fermes comportant souvent une belle maison d'habitation pour le propriétaire et des dépendances pour les esclaves.

 

Au temps des Francs

     Par la route romaine et en remontant les vallées, les Germains, Alamans, puis Francs, s'introduisent dans la contrée à partir de 253, la ravagent en 352 et, par les grandes invasions de 406, provoquent l'effondrement de l'Empire romain. Ils ont laissé ici les marques de leur présence, sous les dynasties des Mérovingiens et des Carolingiens.

    Les Germains s'installent, en effet, dans certaines fermes gallo-romaines, en poursuivent l'exploitation et fondent ainsi un bon nombre de nos villages.

     Le nom de "Niderviller" est sans doute lié à l'existence d'une de ces "villas" réoccupées, comme aussi celui de "Oberviller", localité détruite lors de la guerre de Trente Ans, et située à l'emplacement de l'actuelle ferme Esch, à mi-chemin entre Niderviller et Brouderdorff, en haut du Schlossberg (dont le nom se rattache peut-être à un château du Moyen Age?)

    A la même époque, se met en place la frontière linguistique coupant notre département de Thionville au Donon.

      Situé tout près de cette limite des langues, Niderviller est dans la zone thioise: les habitants y parlent un dialecte germanique, le francique rhénan, teinté de quelques influences alémaniques.

     De ce dialecte est issu "l'allemand" - ce n'est donc pas le contraire, comme on le croit souvent. Au sud de cette limite, commence la zone de langue romane où l'on parlait "le lorrain", apparenté au français.

     En 843, l'empire créé par Charlemagne est partagé entre les trois petits-fils de l'empereur. Notre région échoit à Lothaire. Le "pays de Lothaire", Lotharingen ou Lotharingie, a donné les noms de Lothringen et Lorraine.

     La Lorraine va être disputée entre les deux autres bénéficiaires du partage de Verdun, la France à l'ouest et la Germanie à l'est: cette dernière l'emporte rapidement.

     En 962, la Lorraine est rattachée pour près de 800 ans au Saint Empire Romain Germanique, le premier Reich fondé par Othon 1er. L'empire est divisé en seigneuries dirigées par des vassaux de l'empereur qui, à leur tour, sont les suzerains de seigneurs locaux, plus petits.

 

L'Évêché de Metz

     Depuis la fin de l'Empire romain, l'évêque de Metz impose son autorité sur notre région. Il donne Niderviller en fief aux comtes de Dabo qui sont ses vassaux. (De cette famille de Dagsbourg serait issu Brunon, peut-être né à Dabo, évêque de Toul, futur Pape Léon IX, dont la chapelle commémorative se dresse sur le rocher de Dabo, à l'emplacement de l'ancien château.)

     A partir de 1338, les Lutzelbourg prennent la relève, partiellement ou de façon plus active, comme seigneurs directs ou comme baillis épiscopaux à Sarrebourg.

     Car depuis la fin du 12e siècle, le sort de Niderviller est lié à celui de la grande ville voisine où, en 1225, l'évêque de Metz a installé un "Schaffner", un bailli. Mais il se heurte au duc de Lorraine dont les territoires encerclent les siens.

 

La Lorraine

     Les transformations intervenues à Sarrebourg, à la fin du Moyen Age, se répercutent sur Niderviller et font ainsi passer la région de la suzeraineté du seigneur-évêque de Metz à la souveraineté du duc de Lorraine.

     En 1464, un gouverneur représente ce dernier à Sarrebourg, alors que subsiste le "Schaffner" épiscopal.

     En 1562l'évêque abandonne définitivement ses droits. Niderviller est maintenant en Lorraine, pour 100 ans.

     Les ducs de Lorraine maintiennent strictement la religion catholique dans le duché. En 1525, ils ont écrasé, à Saverne, les paysans révoltés, suite aux prédications du réformateur radical Thomas Münzer; ils encerclent ou rachètent les localités protestantes de la région (Lixheim, Phalsbourg...).

     Pour renforcer leur autorité, ils fondent les villages voisins de Henridorff (1614), Brouderdorff (1616), Saint-Louis (1629).

Les ducs se rendent de plus en plus indépendants à l'égard de leur suzerain, l'empereur du Saint Empire Romain Germanique.

     Pourtant un adversaire plus puissant se profile à l'ouest: en 1552, le roi de France, Henri II, occupe les Trois-Evêchés de Metz, Toul et Verdun.

 

Niderviller appartient à ...

 

Evêché de Metz (L'Evêque est le seigneur)

Duché de Lorraine

France

Empire allemand

 

950 à 1225

Comte de Dabo est le vassal

   

Saint Empire Romain Germanique (1er Reich)

1225 à 1464

Bailli épiscopal de Sarrebourg ("Schaffner")

   

Saint Empire

1464 à 1562

Bailli épiscopal de Sarrebourg ("Schaffner")

et gouverneur nommé par le duc de Lorraine

 

Saint Empire (-->1542)

1562 à 1661

 

Le duc est le suzerain du seigneur

   

1661 à 1790

   

Généralité des Trois-Evêchés avec Intendant à Metz

 

1790 à 1871

   

Département de la Meurthe

 

1871 à 1918

     

Terre d'Empire-Reichsland (2eReich)

1918 à 1940

   

Département de la Moselle

 

1940 à 1944

     

Westmark (3eReich)

1945 à ....

   

Département de la Moselle

 

 

La guerre de Trente Ans (1618-1648)

     La guerre de Trente Ans permet à la France de Louis XIII et de Richelieu d'occuper la Lorraine, directement, ou en soutenant les Suédois.

     A partir de 1633, les armées françaises, suédoises, impériales, lorraines parcourent la région, pillant, tuant, apportant partout la désolation, les épidémies, les famines (ainsi que le montrent les gravures de Jacques Callot de Nancy: "Les misères de la guerre").

     En 1636, les Suédois de Bernard de Saxe-Weimar, stipendiés par Richelieu, assiègent et rançonnent Sarrebourg, et ravagent les environs. Plus de 80 villages sont complètement rasés; certains comme Oberviller disparaissent définitivement.

     Alors qu'on y dénombrait 39 "feux" en 1585, Niderviller restera vide d'habitants pendant des décennies (comme d'ailleurs les villages voisins: Buhl, Brouderdorff...).

     Les traités de Westphalie (1648), qui terminent la guerre de Trente Ans, donnent définitivement à la France les Trois-Evêchés et l'Alsace, mais ne mettent pas fin aux hostilités en Lorraine.

 

Le rattachement à la France

     Ce n'est qu'en 1661 que cette guerre se termine pour la Lorraine. Par le traité de Vincennes, le duc Charles IV doit céder à la France de Louis XIV la "route d'Alsace" (de Metz à Strasbourg, par Sarrebourg,), ainsi qu'une bande de terre large d'une demi-lieue, de part et d'autre de cette voie stratégique devenue "route de France", si importante depuis l'acquisition de l'Alsace.

     Les Français imposent la "lieue française" (4000m), différente de la "lieue lorraine" (3000m). Ils annexent donc une largeur de 1 km de chaque côté de cette voie. Cette zone comprend 42 villages (dont Réding), mais aussi des localités situées à proximité (comme Niderviller et Garrebourg) pour servir de "villages étapes" aux troupes, avec toutes les servitudes que cela entraînait.

     La route de France constitue, en effet, un lourd fardeau pour les villages concernés. Il faut l'entretenir, d'où la multiplication des corvées.

      Le passage continuel de troupes (guerres de Louis XIV et de Louis XV) exige des logements d'étape, mais aussi des quartiers d'hiver ou stationnements plus longs, à Sarrebourg, Phalsbourg et dans les villages environnants.

     A Niderviller, l'acte de limitation se passe exactement le 21 octobre 1661.

     Les représentants du roi de France et du duc de Lorraine, ainsi que les géomètres assermentés, sont sur place pour poser les bornes.

     Une querelle éclate entre l'envoyé du duc de Lorraine et le commissaire du roi. Le premier dénonce cette annexion, puisque la route ne passe pas à Niderviller; le second ne tient pas compte des protestations du premier et fait exécuter les ordres.

     Le même soir, lors du compte-rendu d'abornement, on fait signer les deux chefs de famille du village, en l'occurrence, Nicolas Parmentier et Michel Hartrich, qui prêtent le serment de fidélité au roi.

     Niderviller est ainsi rattaché au royaume de France et inclus dans la "généralité" des Trois-Evêchés, division administrative dirigée par un intendant résidant à Metz. (Nitting, Brouderdorff, Biberkirch, Schneckenbusch restent lorrains jusqu'en 1766, date de la réunion définitive du duché de Lorraine à la France.)

 

Le repeuplement

     Notre village avait particulièrement souffert au cours de cette longue période de guerres du 17e siècle: le 1er décembre 1691, le mémoire de Soufflet, maire de "Sarbourg", note que "Niderviller est un fort pauvre village, le moindre de la prévôté".

     Le repeuplement y est très lent (bien moins rapide qu'à Buhl): 2 familles sont installées en 1661, 6 en 1692, 20 en 1712.

     Ces immigrants viennent de loin. D'après Robert Boehm, président du cercle de généalogie de Sarrebourg, le village de Niderviller détiendrait la particularité de devoir l'essentiel de son renouveau initial aux immigrés picards.

     En effet, dans les registres de Buhl, paroisse dont dépendait Niderviller jusqu'à 1768, il est question, en 1670, de Jacques Lefevre, de Picardie, et de son épouse Marie Lambert, de Jacques Cadet, de Picardie, et Rosine Pêcheur... (ces noms ne se retrouvent plus aujourd'hui).

     Cette influence picarde se remarque jusque dans l'architecture des vieilles maisons typées de la localité.

     D'autres arrivent du Tyrol, de Bavière, de Suisse. Un siècle plus tard, sur le procès-verbal du cahier de doléances de Niderviller, sont cités des Zugmann, Welsch, Meyer, Seeger, Weber, Schwartz, Krummenacker... et aussi des Geoffroy, Loth, Champion, Greffier.

      La présence de ces derniers patronymes français est probablement liée à l'essor des industries de la localité.

 

Le 18e siècle

     Dès les premières décennies du 18e siècle, Niderviller connaît, en effet, un véritable boom économique. Tirant profit d'une argile appropriée, une tuilerie est créée en 1722; un moulin existe avant 1731; surtout la faïencerie est lancée en 1735.

     De nouvelles familles de seigneurs apparaissent, qui favorisent cet essor. Voilà les Loewenstein ou Lauffenstein (1668-1722). De 1750 à 1770, Jean-Louis Beyerlé, directeur de la monnaie de Strasbourg, conseiller au Parlement, édifie un château, une faïencerie et le clocher de l'église; il répare des routes, construit un pont. En 1770, le Comte de Custine prend la succession de J.-L. Beyerlé.

     Il existe toujours, à Niderviller, le "quartier Custine", à l'emplacement du "château" des Custine (une maison de maître); la "rue du château" désignait, avant 1900, l'actuelle rue de Lorraine, avant d'être attribuée, après la première guerre mondiale, à notre rue des Vosges. La Révolution Française met un terme à cette dépendance seigneuriale.

 

La Révolution et l'Empire

     A l'occasion de la rédaction du cahier de doléances du Tiers Etat, le 6 avril 1789, on précise: "Niderviller, généralité et intendance de Metz, subdélégation de Sarrebourg, maîtrise de Vic, diocèse de Metz, archiprêtré de Sarrebourg, annexe de la paroisse de Buhl. 108 feux, 671 habitants. Seigneur: Adam-Philippe, comte de Custine".

     Les deux représentants de Niderviller sont Pierre Gottfroy et Guillaume Greff.Elu député des Etats généraux dans le bailliage de Metz, le comte de Custine représente la noblesse à Versailles.

     Bien qu'aristocrate, il est nommé général dans l'armée républicaine. Son échec à Mayence lui est fatal: il est guillotiné, sous la Terreur, le 29 août 1793.

     Son petit-fils sera un grand voyageur et donnera dans un livre des appréciations d'une extrême justesse sur la Russie pendant la première moitié du 19e siècle.La Révolution est une période de grands bouleversements.

     Niderviller devient une commune; elle est rattachée au canton de Sarrebourg (district, puis arrondissement de Sarrebourg, sous le Consulat), et au département de la Meurthe (chef-lieu: Nancy).

     Son curé Dusable prête le serment à la Constitution Civile du clergé... sous condition, ce qui crée un climat difficile pour le prêtre et pour les responsables locaux.

     La situation ne s'améliore pas avec Napoléon 1er qui va multiplier les guerres: les jeunes gens sont engagés dans les armées, comme "volontaires", plus tard comme "conscrits"...

     Les difficultés économiques entraînent la décadence des industries locales. Les défaites de l'empereur voient le retour des invasions, en 1814 et 1815: les Alliés, dont les Russes, assiègent Phalsbourg à deux reprises. Il faut entretenir les troupes ennemies. Dure situation décrite dans les romans d'Erckmann-Chatrian. Sans compter la famine de 1817, due à une très mauvaise récolte.

 

Le 19e siècle

     La fin des guerres napoléoniennes, en 1815, ouvre une longue période de paix dont notre localité va tirer profit. Des carrières de grès se développent vers 1850. La faïencerie progresse, favorisée par la construction de la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg (1851) et le creusement du canal de la Marne au Rhin (1853-1860).

     La population augmente. Mais la politique aventureuse de Napoléon III amène la guerre de 1870.

 

En première ligne

     1870 : guerre et défaite ! Par le traité de Francfort (1871), l'Allemagne annexe l'Alsace-Lorraine, le "Reichsland", qui englobe le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la "nouvelle" Moselle: Niderviller, avec l'arrondissement de Sarrebourg (et celui de Château-Salins) est rattaché à la Moselle (qui perd Briey et Longwy) ; les restes de la Meurthe et de la Moselle forment le nouveau département de la Meurthe-et-Moselle.

     Suite à l'annexion à l'Empire allemand, de nombreux Mosellans quittent la région, s'installent dans la "France de l'Intérieur" ou émigrent en Amérique.

      Le progrès économique se prolonge au cours de cette période allemande. Pour ne pas perdre le marché français, la faïencerie établit des succursales ailleurs.

      A peine un demi-siècle plus tard, éclate une nouvelle guerre entre les mêmes ennemis.

     Le 19 août 1914, a lieu la bataille de Sarrebourg : les troupes françaises prennent Brouderdorff, mais sont bloquées devant Niderviller, et finalement défaites. Les soldats, enrôlés dans l'armée allemande, meurent nombreux, en particulier sur le front russe.

      Avec l'armistice du 11 novembre 1918, c'est le retour à la France pour l'Alsace-Lorraine: Niderviller reste dans le département de la Moselle, avec son statut particulier...

      Mais déjà se construit la Ligne Maginot, le long de la frontière!

     Les ennemis "héréditaires" s'affrontent de nouveau en 1939. La France est vaincue en 1940. La Moselle est rattachée au "Gau Westmark", dirigé par le "Gauleiter" Joseph Bürckel.

     Ce dernier mène une politique brutale de germanisation ("Niederweiler") et de nazification.

     Les jeunes gens appelés au service militaire obligatoire s'échappent et se cachent (les "insoumis") ou, devant les menaces sur leurs familles, deviennent des "Malgré-nous" qui iront mourir sur les fronts de l'est, pour une cause qui n'est pas la leur, ou aboutiront comme prisonniers de guerre dans le sinistre camp de Tambov...

     Pour notre région, c'est l'époque des rationnements (qui continueront encore après la guerre)... Niderviller est libéré le 22 novembre 1944!

     Après ces années difficiles, la vie reprend son cours, et la localité se modernise. Les activités prospèrent: création, en 1946, de l'entreprise de ferrures Ludmann, d'une marbrerie, du Centre de Réadaptation au Château des Carrières. Mais concurrence et crises provoquent un reflux sensible de l'économie à Niderviller.

     La réalisation d'une zone artisanale ne comble pas les emplois perdus dans les entreprises de céramique et n'efface pas la crainte du chômage. L'Europe sera-t-elle la voie de l'avenir ? 

Gilbert SPRUNG